Un coin de fraîcheur sur l’oreiller !

été 2009 — printemps 2019

Deux mandats à la tête d’un théâtre. Et lequel !

Deux mandats car c’est la règle commune.

Une règle juste qui crée naturellement un appel d’air et ouvre la voie à d’autres. Que ça passe vite 10 ans dans un lieu inspiré. Quel privilège de croiser, jour après jour, souvent soir après soir, des artistes naturellement singuliers, pertinents et impertinents, solaires ou taciturnes, toujours exigeants !
Merci à eux !

L’art est difficile, dit-on.C’est peu de le dire.

Il faut avoir le privilège d’être à la manœuvre pendant 10 ans, pour vivre de près les jeux et les enjeux d’un théâtre et apprécier à sa juste mesure cette condition impérieuse de l’existence des artistes : la création. Elle vaut pour les auteurs, les compositeurs, les interprètes, les plasticiens, les musiciens, les comédiens, les scénographes, les vidéastes, les metteurs en scène… et tous les merveilleux métiers de la scène : l’image, le son, la lumière… J’en oublie !
Chaque proposition artistique est un espace/temps unique, un enjeu vital pour le créateur qui augmente la vision et l’existence des publics jusqu’à cette explosion organique commune que secouent les applaudissements et les bravos !
Les mains comme ondes de choc de l’esprit !

Quel plus beau chemin, quel plus beau projet qu’un rêve réalisé et partagé, que l’ ambition de « Vivre dans la marge plutôt que crever au milieu » ?

En novembre 2017, la ministre Alda Gréoli signait l’arrêt de mort du Poème 2.
Avec une violence inouïe, elle a supprimé les subsides du théâtre, tous les subsides, coupant brutalement les vivres au Poème 2. Un théâtre installé à la même adresse depuis plus de 50 ans. Un théâtre inventé par Monique Dorsel et Émile Lanc dès 1968. Et avant cela, dès 1962, les Jeunesses Poétiques.
Décembre 2018 : le Poème 2 n’a plus de personnel.Décembre 2018 : le Poème 2 n’a plus de subsides.

Et pourtant, aujourd’hui, revenu à modeste meilleure fortune, le Poème 2 a un nouveau projet !

Ce lieu réinventé sera pour les mois à venir, un théâtre d’accueil pour les artistes qui ont fait les beaux soirs du lieu et pour de nouveaux venus.
Il n’est pas question de réduire la voilure sur le plan artistique. Au contraire, l’addition d’énergies renouvelées ne peut qu’amplifier le projet qui fonde ce théâtre à vocation littéraire.
Ici, les auteurs sont – et depuis toujours – véritablement – « au centre » et dans une somptueuse diversité.
Construire un avenir meilleur avec les éléments élargis du passé : tout est là pour transformer un désastre annoncé en un projet radieux !

Merci à Sébastien Romignon-Ercolini et à Michel Bernard de reprendre la barre et de relever le défi dans des conditions difficiles.

Merci à la Commune de Saint-Gilles pour son soutien vital qui permet à l’aventure de continuer.
Merci aux membres de mon équipe – aujourd’hui dispersés pour raison de remerciements anticipés, injustement licenciés. Qu’ils veuillent au moins garder des souvenirs heureux de l’aventure commune.
Merci aux membres du Conseil d’Administration qui, par leur présence, leur mobilisation, leur expertise, leur disponibilité, leur vigilance, leurs beaux esprits et leur permanente gaîté, ont été et sont de précieuses sentinelles.
Merci aux publics qui sont et seront de plus en plus fidèles : condition indispensable à la pérennité de ce merveilleux théâtre.
Merci à Thomas et à Alexandra : ils savent pourquoi.

— Dolorès Oscari, mars 2019

Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Direction générale de la Culture, Service général des Arts de la Scène,
de la Loterie Nationale et de la Commune de Saint-Gilles

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